En 1857, alors qu’il habitait le plus souvent Moulins, rue Pape Carpentier, Joseph-Edouard Choussy fait construire la maison que nous connaissons aujourd’hui. Il choisit son implantation au cœur du bourg, au milieu de parcelles variées (dont une  vigne) et au plus près du puits qu’il a fait creuser préalablement (il n’y avait pas d’adduction d’eau !). Il fait aménager un jardin d’agrément côté est où il implante une tonnelle renfermant une statue de la Vierge.

            Un autre exemple de sa piété : il fait tracer une allée partant de sa maison et rejoignant un portail qui se trouvait au carrefour de la route de Boucé pour qu’il puisse se rendre directement à l’église. D’après une ancienne carte postale, il semble que ce portail était surmonté d’une croix. De plus, lorsqu’il a vendu aux Ursulines une partie de sa propriété (appelée la Berchotte – actuellement le lotissement et la Mairie) il a exigé que le mur de séparation s’arrête pour qu’il puisse voir l’église de sa salle à manger.

On ne connaît pas le nom de l’architecte de sa maison. Elle est un témoignage de ce qu’étaient les maisons « bourgeoises » de cette deuxième moitié du XIXe siècle. L’allée d’accès arrive face à un perron sur lequel ouvre une porte monumentale. Un couloir dessert les pièces du rez-de-chaussée. Une anecdote nous est parvenue : à la fin de sa vie, M. Choussy faisait sa promenade dans ce couloir. Celui-ci mesurant exactement dix mètres, il comptait les tours et savait donc la distance qu’il avait parcourue. Les portes avaient une partie basse amovible qu’il demandait à sa servante d’ouvrir pour « s’aérer les jambes ».

            La salle à manger est surélevée par rapport à la cuisine et comprend un réduit qui renfermait à l’époque une fontaine en cuivre. M. Choussy était très pointilleux sur l’hygiène et demandait que ses fruits soient lavés avant d’être servis.

            Du couloir part un escalier construit en pierres de Volvic, lui aussi largement dimensionné. On peut facilement imaginer les dames montant en crinoline sans être gênées. Il permet l’accès au premier étage qui comprend des chambres et ce qui était le grand salon de réception, ainsi que le deuxième étage (sous les toits) où logeait le personnel.

            Au vu de l’activité intellectuelle de J.E. Choussy, il ne serait pas étonnant que l’un de ses petits salons ait été son « cabinet de curiosités » comme il était alors à la mode d’en posséder un. C’est là que les « savants » exposaient les objets en rapport avec les sciences auxquelles ils s’intéressaient. Si notre hypothèse est bonne, les manuscrits de Bossuet, mais aussi des souvenirs des fouilles archéologiques de Baugy y auraient sans doute figuré.

            Cette maison a connu pendant plus d’un demi siècle les joies et les peines de la famille Choussy :

  • le 19 décembre 1859, la naissance de Joseph, fils de Joseph-Edouard et le 8 mai de l’année suivante son décès.
  • en 1865, Françoise Juliette Bonneton, épouse de Joseph-Edouard est marraine de la plus grosse cloche de l’église ; Lucile Marie Madeleine, sa fille étant marraine de la plus petite.
  • le 11 février 1867, le mariage de Lucile Marie Madeleine, fille de Joseph-Edouard avec Pierre Gustave Sarrot.
  • le 23 mai 1876, le décès de Marie Madeleine Arloing, mère de Joseph-Edouard (sa tombe est au cimetière de Rongères).
  • le 24 août 1900, le décès de Françoise Juliette Bonneton, épouse de Joseph-Edouard.